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Analyses des objectifs scientifiques de l'Unité

Analyses des objectifs scientifiques de l'Unité

 

  • forts (éléments internes qui vont aider au choix et à la réalisation du projet) ;

1_ D’une juxtaposition de travaux de chercheurs disséminés sur plusieurs axes (2009-2013) à une agrégation de compétences autour d’un objet commun et fédérateur en STAPS : « les Techniques du corps » ;

2_ Des compétences méthodologiques reconnues : observation, modélisation, traitement quantitatif de données (héritage du LEMTAS créé par Raymond Boudon puis de J-Paul Grémy et Pierre Parlebas)

3_ La possibilité de produire des résultats opérationnels avec financements (voir section 3.) ;

4_ L’arrivée de nouveaux EC STAPS français (74e section du CNU) et étrangers recrutés sur la base de ce projet (4 EC de l’UFR STAPS de Paris Descartes, 15 EC venant d’autres Universités) ;

5_ La mise en lien avec l’enseignement et la formation par la recherche (Master ESS, Enseignement, Master Arts Thérapie du PRES, DU « handidactique » et DU Homme-animal de Paris Descartes)

 

Du silence des organes au bien- être relationnel

Préoccupation majeure de Paris Descartes, la santé est le plus souvent réduite à ses bienfaits physiologiques, surtout dans le secteur du sport et de l’Éducation physique scolaire. Indéniablement liés lorsque l’activité physique est modérée, il est plus difficile d’associer la santé biologique au sport lorsque celui-ci prépare à une forme de compétition « excluante » : l’espérance de vie des sportifs est inférieure à celle des sédentaires ; essentiellement sportive, l’Éducation physique est la discipline scolaire responsable du plus grand nombre d’accidents corporels ; le dopage augmente les probabilités de cancer, etc. Les enquêtes menées depuis trente ans et passées auprès d’échantillons de Français, d’Anglais et d’Américains placent pourtant toujours « la bonne santé » comme première motivation pour la pratique d’un sport. Mais de quels sports parle-t-on ? Et de quelle santé parle-t-on ? Croiser les différents traits de logique interne des jeux et des sports (selon la nature des compétitions, le type de rapport aux autres et au milieu, le type d’engagement physique) au bien-être relationnel suscité par leur pratique est un sujet original avec une myriade d’applications pratiques.

Quelles activités physiques privilégier en milieu scolaire, dans les zones sensibles, lorsqu’on souhaite intégrer des enfants handicapés mentaux à des classes d’enfants « valides », ou pour palier à la solitude du quotidien ? Faut-il miser sur les sports collectifs, les jeux traditionnels, les clubs de remise en forme, les activités de pleine nature ou les jeux sportifs virtuels ? La recherche simultanée d’un même avantage doit-elle forcément se solder par l’élimination des plus faibles ? En sport on dit souvent que les « bad guys finish first » (les méchants triomphent toujours). Existe-t-il des formes de pratiques qui favorisent la coopération ? Comment réussir dans un monde d’égoïstes ? – pour reprendre le titre du célèbre petit livre d’Axelrod (2006). L’intérêt général du projet est d’établir un diagnostic des formes de pratiques ludomotrices les plus adéquates aux objectifs de santé psychologique et sociale.

De même que les médecins se doivent de prescrire une thérapie médicamenteuse adaptée, le présent projet aspire à permettre aux formateurs sportifs, aux centres de remise en forme, aux enseignants d’EPS, aux collectivités territoriales de choisir les activités sportives adaptées à l’amélioration de la santé psychosociale. Le caractère culturel des techniques du corps exigera peut-être des prescriptions différentes selon les pays d’Europe étudiés.

 

Des prolongements en formation

>> Créé en 2011 dans le cadre du PRES Sorbonne Paris Cité, le Master « Arts Thérapies » est domicilié à l’UFR STAPS de Lacretelle. Première formation commune à plusieurs universités, il associe de façon opportune les deux équipes de recherche que sont le GEPECS et le LCPC de Paris Descartes. La thématique relationnelle correspond bien également aux approches cliniques du LCPC 4056 (Laboratoire de Psychopathologie Clinique de Paris Descartes). À travers les « arts thérapies » (musicothérapie, ‘dramathérapie’ (théâtre), l’art thérapie (art plastique) et danse thérapie), ce laboratoire étudie la facilitation des relations interindividuelles, le développement des capacités d’expression, la socialisation. La prise en compte du non-verbal se fait autrement qu’au GEPECS, mais de façon complémentaire, par l’étude des phénomènes empathiques mobilisés lors des expériences artistiques et motrices (via la danse). Deux des arts du Master se définissent fondamentalement sous le registre du jeu : la musique et le théâtre. Et, d'autre part, la dimension du jeu (playing) est considérée, depuis notamment les travaux de Winnicott, comme essentielle à toute psychothérapie. Lorsqu'elle n'est pas possible, le travail thérapeutique a pour objectif de mettre en place des dispositifs qui permettent d'y accéder. Les « arts thérapies » entendent toucher les secteurs de la santé (hôpitaux, centres de soins), de l’éducatif (enseignement spécialisé) et du social (milieu carcéral, secteur associatif, entreprise). Étudier l’impact des jeux et des sports sur le bien-être relationnel est parfaitement complémentaire avec ce qui est fait jusqu’ici sur le plan artistique.

 

>> Au sein de l’UFR STAPS de Paris Descartes, une nouvelle formation a été hébergée en 2011 : le DU « handidactique » dont Éric Dugas est coresponsable pédagogique. Il s’agit pour les titulaires de ce diplôme, dont des étudiants en situation de handicap, d’intervenir comme formateurs des professionnels exerçant dans des établissements ou services (secteur médico-social, social, sanitaire) accueillant des personnes en situation de handicap. Cinq équipes  partenaires (dont l’INSHEA, I=MC2, IRTS) construisent et animent les études de cas. Sur leur modèle, la recherche entreprise par les étudiants portera sur  un nouveau cas construit à partir de la problématisation de situations réelles et de parcours de vie  de personnes en situation de handicap (du cas clinique au cas pédagogique, spécifique). 

  Les applications concrètes de recherches au sein de l’équipe « TEC » ont permis, par exemple, de s’interroger sur les problématiques du handicap mental des jeunes en lien avec les activités physiques et sportives, dans une perspective d’apprentissage et comme vecteur d’intégration sociale (thème de l’équipe TEC : « Transmission et modes de transmission des techniques du sport »).

  Par ailleurs, Éric Dugas est chargé de mission handicap depuis 2008 à Paris Descartes et intègre notamment deux projets de recherche sur le bien-être des étudiants en situation de handicap de notre Université :

  - Un premier projet avec des membres de notre laboratoire (Martial Meziani, docteur, et Rémi Richard, doctorant) est soutenu par le PRES Sorbonne Paris Cité), et s’articule autour du troisième thème de recherches de l’équipe « TEC » : « Techniques du sport comme produit culturel spécifique » (relation au bien-être). Il sera déposé en juin 2012 à l’IReSP (proposant d'apporter un soutien financier à des chercheurs dans le domaine du handicap et de la perte d’autonomie). L'objectif de cette enquête, menée sur les huit établissements du PRES Sorbonne Paris Cité, est d'organiser à terme un meilleur accompagnement de ces étudiants, de leur apporter soutien et aide, afin de réaliser leur projet professionnel.

   - Un second projet est en cours de façonnement (IReSP, juin 2012)  avec d’autres équipes de recherches (à Paris Descartes et avec d’autres universités françaises) : Le stress des étudiants en situation de handicap : effets sur la santé, la qualité de vie et la réussite universitaire. Ce projet est porté par le  laboratoire de psychopathologie et processus de santé (LPPS EA 4057), avec notre collaboration (Mission handicap de Paris Descartes et l’« équipe « TEC » du GEPECS).

 

 

  • Possibilités liées au contexte (opportunity : éléments externes de nature à faciliter l’émergence du projet) ;

 

1_ Une façon, certes pas idéale, mais pratique et efficace pour prendre connaissance du succès d’un concept sur le plan scientifique est fournie par la Toile internationale. Au jour où le thème du bien être par le sport est envisagé, le 14 septembre 2011, nous interrogeons un moteur de recherche spécialisé sur le recensement des citations dans les livres et les articles scientifiques. Le couple « health sport » (santé sport) s’y trouve à 21400 exemplaires, soit environ 4 fois plus que « welfare sport » (bien-être sport, 5490). Depuis 2005, ‘health sport’ a été cité 203000 fois, c’est-à-dire près de 10 fois plus que ‘welfare sport’ (21300). L’écart se creuse encore lorsque l’on remonte plus loin : depuis 2000, il y a 15 fois plus de citations de ‘health sport’ que de ‘welfare sport’ (576000 versus 36800). Autrement dit et ce que confirme le parallèle d’année en année depuis 1992, l’écart de citations entre les deux associations de mots tend à se réduire. À ce rythme, leur effectif devrait se rejoindre en 2015. La santé psychosociale (bien-être relationnel) semble vouée à un avenir scientifique prometteur.

 

Le projet recherche N°1 (voir section 1C) puise son caractère « européen » de liens réels (nous soulignons) avec les Universités et organismes de recherches espagnols qui traitent de la relation sport-émotion-bien-être et genre (voir Annexe 2 .).

 

A Gender Perspective on Emotions and welfare in Sporting Games

Responsables: Professeurs: Dr. Francisco Lagardera Professor INEFC, Universidad de Lleida; Dr. Pere Lavega, Professor INEFC, Universidad de Lleida; Maîtres de conférences; Dr. Joseba Etxebeste, Maître de conférences, Universidad País Vasco; Dra. Clara Urdangarin, Maître conférences, Universidad País Vasco; Dr. José Ignacio Alonso, Maître de conférences, Universidad de Murcia:

“This project deepens and expands on the pioneering research on gender, emotions, welfare and sporting games which was carried out across several universities in Spain, Portugal and Brazil and coordinated by INEFC/University of Lleida in 2009. It aims to give a scientific answer to one of the hotbeds of social interest of greater relevance in the Spanish and European society of the 21st Century: finding gender equity in the singularity of male and female behaviour.

 

The purpose of this project is to look into whether the moods and emotions that college men and women tend to experience in the practice of different sporting games classes (domains of motor action), converge or diverge, from a socio-cultural, psychopedagogical and praxiological approach (from the science of motor action), also taking into account other socio-cultural factors such as geographical context (participants come from different areas of Spain and Portugal).”

Codes: DEP2010-21626-C03-01, DEP2010-21626-C03-02, et DEP2010-21626-C03-01.

(i)  Groupe de recherche Jeux sportifs (GREJE)  code 2009SGR 1404. Groupe Emergent de recherche interuniversitaire;

(ii)  Groupe reconnu dans la résolution 3 Juillet 2009 par AGAUR (Agencia Catalana de Gestión de Ayudas Universitarias y de Investigación del Departamento de Innovación, Universidades y Empresa de la Generalitat de Cataluña) de acuerdo con la convocatoria IUE/3485/2008 de 10 de noviembre (DOGC núm. 5265 de 25 noviembre 2011) por el periodo 2012-2016.

(iii)  Groupe reconnu comme un groupe de recherche à l'Université de Lleida (núm. 305/2009) et il fait partie du centre d'Étude Éuropéen Juridique et de Médiation  (CEJEM) du cercle scientifique à l'Université de Lleida.

 

Le projet a également l’appui de Loughborough University (UK) en la présence (d’un membre titulaire nouveau du TEC), le Professeur Richard Giulianotti, Sociologie.

 

Seize EC titulaires (7) ou associés (9) d’autres Universités ont rejoint le Laboratoire sur ce thème du bien-être relationnel par le sport à l’orée de ce nouveau plan quinquennal.

 

Au final, cette interaction effective avec d’autres Laboratoires va permettre une analyse comparative des effets des pratiques sportives sur le bien-être relationnel qui débouchera sur un rendu annuel des résultats scientifiques (sous forme de journées d’études et de publications) avec l’organisation d’un congrès international (à Paris Descartes) au terme du contrat quinquennal.

 

2_ Le projet recherche N°2 (voir section 1C) n’est pas en reste. Étudier les techniques corporelles de l’homme d’un point de vue descriptif et mécanique bénéficie d’un contexte favorable. La numérisation des savoir-agir traditionnels offre, par exemple, la possibilité de fournir aux praticiens (entraîneurs, kinésithérapeutes, sportifs, professeurs d’Éducation physique) de nouvelles techniques pédagogiques (par l'utilisation de simulateurs, d’apprentissages interactifs). Les visiteurs du musée peuvent mieux apprécier la nature des compétences d'artisanat (par le biais de l'interaction virtuelle, de modèles présentant les compétences dans des conditions différentes), et les archéologues expérimentaux peuvent étudier l'activité de modèles à l'aide des artefacts récupérés par la manipulation d’avatars réalisant des activités de synthèse. L’intérêt porté aux Techniques du corps et à leurs modes de transmission nous invite à déposer deux ERC, c'est-à-dire des projets européens (voir Section 3 et Annexe 3 .)